Appelez-nous. Vraiment.

Ce soir, en repassant à la clinique après ma petite journée de TEP d’été (bien allégée par quelques examens neuro que, euh, enfin bref, passons), j’ai trouvé un courrier d’un confrère du coin dans le bac des demandes d’examens à valider. On ne se refait pas, j’ai commencé par en rire bêtement sur Twitter :

Capture d’écran 2016-08-17 à 22.22.31

Histoire de détailler un poil pour ceux dont l’imagerie fonctionnelle n’est pas le métier :

  • Les scintigraphies rénales et surrénaliennes sont deux examens distincts, qui impliquent des traceurs différents, très différents techniquement, avec des indications qui n’ont rien à voir entre elles ;
  • Tant pour les scintigraphies rénales que surrénaliennes, il y a à chaque fois deux traceurs possibles selon ce que l’on veut explorer. (Les billets sont prévus, du coup.) ;
  • Avec et sans injection, c’est une terminologie qui s’applique aux examens de radiologie ;
  • Et le gadolinium est l’élément fondamental des produits de contraste en IRM.

Bref, on est bien.

Mais au fond, quelque part, même si c’est un énorme craquage, c’est aussi, un peu, un constat d’échec sur la communication entre cliniciens et isotopistes. Je pense que c’est une bonne occasion de parler rapidement des modalités de demandes d’examens d’imagerie, parce que pour l’essentiel, je pense qu’il y aura plein de points communs pour les rapports avec nos consœurs et confrères radiologues.

1 – C’est pas des ordonnances

Quoi qu’en pensent les bougons, on est médecins, on n’en a pas besoin.

Il y a plein de confrères qui transmettent des courriers super-chiadés, des synthèses de dossier ultra-détaillés, où ils te démontrent par A + B qu’ils ont un excellent motif de demander tel examen d’imagerie, et il y a avec une ordonnance, ou à l’hôpital un bon de demande plus ou moins spécifique du service. Ca me fait sourire à chaque fois, je me demande s’ils ont été en contact avec certains de mes maîtres, qui étaient particulièrement très très chiants sur la couleur du bon de demande…

Bref, vous l’aurez compris, pour moi, c’est pléonasmiquement superfétatoire.

Après, vous écrivez bien sur ce que vous voulez, hein. Si ça ressemble à une ordonnance, avec votre en-tête, naturellement bien utile, les coordonnées du patient, pour le moins nécessaires, si votre outil informatique vous permet de faire simplement ce type de documents, ma foi… Pas de souci. Je préfère que vous m’écriviez sur votre ordonnancier, ou votre logiciel à vous, que sur un carré de PQ.

En revanche, n’oubliez pas qu’apporter par écrit, les éléments nécessaires à la bonne réalisation de l’examen d’imagerie est une obligation légale. Et que l’imageur a parfaitement le droit de refuser cette demande, ou de la transformer en un autre examen mieux adapté ou moins irradiant. Bon, après, le faire direct comme ça sans prévenir, sans appeler, on a été élevés, pas juste nourris, on peut se causer, hein.

2 – L’important, c’est les renseignements cliniques : le vetting

Évidemment, il y a des caisses de situations où c’est évident. Une radio de cheville, s’il y a écrit « Trauma en varus, critères d’Ottawa + », une scintigraphie osseuse avec « Cancer de prostate, PSA > 10 », c’est OK.

Quand on sort des situations où il n’y a pas à tortiller, mon boulot en amont de la réalisation de l’examen, c’est de m’assurer que l’examen est le bon, de choisir le traceur à utiliser, et de programmer à l’avance les détails de l’examen (zones à explorer, timing des images par rapport à l’injection), etc…  Bref, je vois les demandes, je programme les examens. C’est ça le vetting.

Ne présumez pas que rien ne ressemble plus à une scintigraphie osseuse qu’une autre scintigraphie osseuse. Je lis attentivement votre prose. J’en tiens compte. Vraiment. Régulièrement, il y a des occasions perdues : une image précoce, si on s’en rend compte trop tard, le bon moment pour la faire est passé. Perdu. Donc pour les informations qui me permettront de programmer tout bien comme il faut l’examen de votre patient•e, ben on compte sur vous.

3 – Et puis des fois les indications ne sont pas évidentes

Voilà, on a tous nos points faibles, moi le premier, et puis être au taquet sur les stratégies d’exploration en imagerie de tel ou tel problème, c’est mon métier, et ce n’est certainement pas quelque chose qu’on peut exiger de vous, tous, sur tout. Et puis des fois les patients ont une particularité qui fait qu’on peut pas faire comme dans les livres.

Alors faut pas hésiter. Quand c’est difficile, faut se causer. Même si on voit tous passer sur Twitter des râlages sur des consœurs et confrères pas sympas, vraiment, faut pas hésiter. Appelez les locaux, ceux avec qui vous avez l’habitude de travailler.

Ou alors, faites un petit #DocsTocToc. Pokez les confrères : en médecine nucléaire, Captain Atom ou moi. En radio, F, TopCao, et pour la jeune garde, Steph et MrFDA. En écho et notamment pour les questions de vasculaire, JeeP et bientôt SelmerPépère. Vous ne les suivez pas encore tous ? Franchement, vous avez tort.

 

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